Les groupes de rencontre, développés par Carl Rogers, facilitent la pratique et la recherche d’une relation authentique et personnelle aux autres.

La plupart des organisations privées ou publiques oublient de prendre soin de la qualité des relations humaines des personnels qu’elles rassemblent. Là où la réunion de service, centrée par nécessité sur un problème à résoudre, a tendance à figer les relations entre les personnes, le groupe de rencontre recentre l’attention des participants sur les relations qu’ils entretiennent au-delà des problèmes. La rencontre se fait au niveau de la singularité des personnes. L’expression de soi n’est plus limitée à un titre ou à une fonction. La résolution des problèmes organisationnels s’en trouve en retour facilitée. Le problème, bien souvent, c’est la pauvreté de la relation.

 

Qu’est-ce qu’un groupe de rencontre ?

Inspiré par les T-Groups de Kurt Lewin, Rogers définit ainsi les traits communs aux groupes de rencontre :

 

« Dans un groupe qui se réunit de manière intensive, le facilitateur peut créer un climat psychologique de sécurité dans lequel on voit peu à peu croître la liberté d’expression et diminuer les défenses.

Dans un tel climat, chacun des participants exprime généralement les réactions qu’il éprouve à l’égard des autres ou à l’égard de lui-même.

Une atmosphère de confiance réciproque se crée à partir de cette liberté que l’on s’accorde mutuellement d’exprimer ses sentiments réels, positifs ou négatifs. Chacun des membres du groupe s’achemine vers une acceptation plus grande de son être total – affectif, intellectuel et physique – tel qu’il est, y compris ses potentialités.

Une fois que les individus sont moins inhibés par la rigidité de leurs défenses, il leur paraît moins menaçant de modifier leurs attitudes personnelles, leur comportement, leurs méthodes professionnelles, leur style de commandement et leurs relations d’autorité.

Grâce à la réduction de leurs défenses, les individus peuvent davantage s’écouter les uns les autres, ils peuvent davantage apprendre les uns des autres. Il y a de plus en plus de feed-back […] entre les personnes, de sorte que chacun finit par savoir comment il apparaît aux autres et quelle est sa propre influence au plan des relations interpersonnelles.

Avec cet accroissement de la liberté et cette amélioration de la communication, surgissent de nouvelles idées, de nouveaux concepts, de nouvelles orientations. L’innovation est moins perçue comme une menace, on en vient à la désirer.

Ce qui est appris dans l’expérience de groupe passe généralement ensuite – au moins pour un temps – dans les relations avec le conjoint, les enfants, les étudiants, les subordonnés, les collègues et même dans les relations avec les supérieurs hiérarchiques. »

 

In Carl Ransom ROGERS, Les groupes de rencontre, traduit par Daniel Le Bon, InterÉditions, 2006, pp. 7-8.