Ce site personnel propose un regard sur l’ACP, encore peu connue en France, dans ses différents champs d’application.

Je souhaite y partager, en parallèle, mon expérience d’enseignement, débarrassée du cours frontal et du savoir descendant. Par expérience, après une trentaine d’années d’enseignement, j’ai appris que l’autonomie et la liberté s’apprennent en situation d’autonomie et de liberté. Je ne crois plus aujourd’hui au savoir uniquement inscrit dans les esprits – le remplissage des crânes dociles, au détriment de la liberté et du désir d’apprendre.

Toutes les nuances restant possibles, je suis persuadé qu’un étudiant n’est pas un vase parce qu’un enseignant n’est pas une cruche. Enseigner est devenu pour moi une manière d’être présent sans aucune intentionnalité, hors le désir d’être présent. Et l’envie d’apprendre. Au moins… en théorie.


« Je me suis peu à peu rendu compte que la principale menace que fait peser l’approche centrée sur l’apprenant est d’ordre politique. S’il envisage d’y recourir, l’enseignant est confronté à la peur de partager pouvoir et maîtrise. Comment savoir si les élèves sont dignes de confiance ? Comment s’assurer de la fiabilité d’un processus ? Il faut se risquer, et le risque fait peur.

Mais l’éducation centrée sur la personne menace aussi l’élève : la docilité, et son cortège de jérémiades, est tellement plus facile que la prise de responsabilité et le risque d’erreurs, avec leurs incontournables conséquences. En outre, rompus à l’allégeance depuis la nuit des temps, les élèves n’aspirent spontanément qu’à la prolonger.

(…)

Carl R. Rogers, L’Approche centrée sur la personne, Politique éducative (chap. XXII), traduction de Henry-Georges Richon, Éditions Randin, 2001.