Cet espace propose quelques recherches universitaires récentes relatives à l’évaluation et à la notation (la docimologie). Ces recherches invitent les enseignants et les étudiants à réfléchir à la nature de la notation et de l’évaluation. Quelle est la finalité de l’évaluation ? Quelle est sa fiabilité scientifique ? Sa nécessité ?

 

 

Cette page rendra aussi compte d’expériences d’évaluation et de notation différentes, menées hors et dans des cadres institutionnels : notation / évaluation par les pairs, évaluation progressive, corrections multiples, absence de note.

 

En finir avec les notes ?
L’école, élitiste ou démocratique ?
La constante macabre
Micro-violences : les biais de la pensée logique

 

 

 

Spécialiste français de la docimologie, sociologue, professeur des universités, Pierre Merle a développé avec son équipe de chercheurs une réflexion approfondie sur les biais de l’évaluation traditionnelle. Voici la conclusion d’un article (le début en ligne). Dernier ouvrage : La ségrégation scolaire,  Repères, La Découverte, 2012.

1. En finir avec les notes, par Pierre Merle 

(…)

Les contrevérités sur la notation des élèves sont légion. Objectivement, la note pervertit les missions centrales de l’école – éducation et instruction – au profit d’une seule de ses fonctions, la sélection. Or, celle-ci n’a aucune raison d’intervenir avant la fin de la scolarité obligatoire, avant que ne soit assurée, pour chaque élève, la maîtrise d’un socle commun de connaissances et de compétences indispensable à l’intégration sociale et professionnelle. En ce sens, la note et la sélection précoce contribuent à maintenir le système éducatif français tel qu’il est : peu performant, inégal, trop souvent décourageant pour les élèves, les parents et les professeurs. Quels changements sont envisageables ? (…)

 

Source : Pierre Merle, « Faut-il en finir avec les notes ? », La Vie des idées, 2 décembre 2014. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Faut-il-en-finir-avec-les-notes.html [En ligne]

 

2. L’école française, démocratique ou élitiste ? par Pierre Merle

Alors que la plupart des pays européens ont entrepris des réformes en profondeur de leurs systèmes éducatifs en vue de les démocratiser, l’école française reste une des plus élitistes. Pierre Merle revient sur la mesure des inégalités scolaires et les réformes nécessaires.

 

 

Source : Pierre Merle, « L’école française, démocratique ou élitiste ? », La Vie des idées , 8 septembre 2015. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/L-ecole-francaise-democratique-ou-elitiste.html [en ligne]

 

La constante macabre, par André Antibi

Conférence sur les biais de l’évaluation scolaire, la constante macabre (quel que soit le public, une proportion de mauvaises notes est toujours attribuée au groupe évalué). André Antibi est professeur à l’université Paul Sabatier de Toulouse et à l’école d’ingénieurs Sup-Aéro.

Agrégé de mathématiques, il est titulaire de deux thèses, l’une en maths, l’autre en sciences de l’éducation. Je vous recommande le passage (quasi comique et discutable) sur la correction proprement dite, à partir de la 22e minute. La Constante macabre, éd. Math-Adore, 2003 (diffusion Eyrolles).


Les biais de la pensée logique

Simon LEMOINE, Enseignant chercheur en philosophie,
Micro-violences, Le régime du pouvoir au quotidien, CNRS éditions, 2017
(p. 43-44 et 46-48)

 

« Une longue habitude nous entraîne à penser en opérant des cloisonnements qui sont souvent très utiles et pratiques. On sépare le vrai du faux, le bien du mal, le bon du mauvais, l’ami de l’ennemi, etc. On crée des généralités, des abstractions, qui peu à peu, à l’usage, peuvent se figer et constituer des grilles de lecture du monde familières. C’est un avantage parfois, pour pouvoir saisir le réel dans sa complexité, mais c’est aussi un désavantage car on oublie vite que les grilles de lecture proviennent d’abord de l’esprit, c’est-à-dire que le monde, en lui-même, n’est pas rangé comme on le range. Le monde est complexe, divers, changeant, il ne se réduit pas facilement. D’autant plus quand il s’agit de penser les hommes, qui font preuve de singularité, de liberté, de création, ce qui les rend difficilement catégorisables une bonne fois pour toutes. On pense par compartiments, donc, parce que c’est souvent pratique, en oubliant presque toujours que ces compartiments ne sont que des outils grossiers, utilisés faute de mieux. (…) [LIRE LA SUITE]