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LA Q.V.T & LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX EN QUESTION

Concepts récents, Qualité de Vie au Travail et risques psychosociaux mettent l’accent sur les conditions d’exercice d’un travail donné et le repérage des risques possibles de cet exercice afin d’améliorer les conditions de travail des salariés. Le concept tend ainsi à déplacer la focale de la qualité du travail, souvent oubliée, aux conditions de son exercice ; ou encore, des salariés aux salariés fragilisés ou supposés tels ; autrement dit, de l’organisation du travail à la responsabilité individuelle des personnes qui la subissent.

Le sens du travail – et notamment son organisation par et pour les salariés experts qui l’accomplissent — est relégué à un rang secondaire. Yves Clot, chercheur dans le domaine, a développé depuis une dizaine d’années de nombreuses critiques sur ces deux notions à partir d’interventions auprès d’organisations en difficulté :

« Pas de Qualité de Vie au Travail sans dialogue sur la Qualité du Travail »

La qualité du travail dans les organisations est de plus en plus prise en compte dans les approches globales de Qualité de Vie au Travail. Mais la définition d’un « travail bien fait » peut être bien différente selon le poste que l’on occupe.

Yves CLOT défend l’idée selon laquelle ce conflit de critères inévitable est une opportunité de progrès.

Yves CLOT - CNAM

Yves CLOT
Professeur émérite en psychologie du travail
CNAM

SOURCES : PREVENTICA.COM. https://www.preventica.com/actu-interview-yves-clot-cnam.php

Qu’est-ce que selon vous un travail « bien fait » ?

Un travail bien fait, c’est un travail dans lequel on se reconnait, qui est défendable à ses propres yeux. Mais sa définition varie avec la place qu’on occupe dans l’organisation. Ce que les opérationnels de première ligne peuvent juger « ni fait ni à faire » peut pourtant être regardé comme la moins mauvaise des solutions compte tenu des contraintes, par la ligne hiérarchique. Et inversement selon les circonstances. Les critères utilisés s’opposent souvent selon l’activité de chacun. Quand il engage des valeurs, ce conflit là peut devenir destructeur.

Ces conflits sont naturels dans le travail ordinaire, à quel moment deviennent-ils préjudiciables pour la santé ?

Il est effectivement normal de ne pas avoir exactement les mêmes critères de qualité du produit, de délai de réalisation ou de préservation de la santé, par exemple. Mais les soucis commencent avec le déni de ce conflit, quand il n’a pas droit de cité dans l’organisation. Ce qui est discutable doit être discuté. Sans ce dialogue avec la hiérarchie, ou même entre collègues, le travail se dégrade. La délibération sur ces conflits de critères est un gage de santé et d’efficacité au travail car elle évite beaucoup d’autres conflits « empoisonnés » dans les organisations.

Les plans d’actions QVT se multiplient dans les entreprises, et pourtant les risques psychosociaux explosent. Pourquoi ?

Penser que l’on va agir sur le bien-être au travail avec une table de ping-pong ou des services de conciergerie est une illusion. Le mal est plus profond. La redéfinition en commun du travail bien fait est la meilleure des préventions. Même pour la santé publique. Pensez aux effets du travail « mal fait » sur nos vies, à la qualité des produits, des médicaments ou des soins, de l’alimentation, de l’air que nous respirons ou à la fiabilité aléatoire des services… Trop d’entreprises sont à découvert sur cette question car l’expérience de ceux qui travaillent n’est pas prise assez au sérieux. Face à la qualité empêchée, le dialogue sur la qualité du travail permet de découvrir des solutions auxquelles personne n’aurait pensé avant. C’est la source de la santé au travail.

« La qualité du travail est centrale pour la santé»

SOURCES : SANTÉ TRAVAIL FP. https://www.santetravail-fp.fr/temoignage/yves-clot-cnam-la-qualite-du-travail-est-centrale-pour-la-sante

Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail au CNAM, s’exprime sur le lien entre qualité de vie au travail et qualité du travail. Efficacité et santé étant pour lui reliées de l’intérieur, la qualité du travail est centrale pour la santé. Ne pas pouvoir « faire du bon boulot » peut conduire à « en faire une maladie », comme peuvent l’exprimer les agents. Ce travail empêché résulterait d’un conflit de critères sur la qualité du travail. Un conflit qu’il convient d’assumer, sur lequel il faut pouvoir négocier et arriver à de nouveaux compromis. Pour y parvenir, il appelle de ses voeux des institutions nouvelles et rappelle que pour s’occuper vraiment du bien-être, il faut s’occuper du bien faire…

Cette vidéo a été enregistrée lors du séminaire du 21 octobre 2010, organisé par la HAS sur la qualité de vie au travail et la qualité des soins dans les établissements de santé.

TABLEAUX DE BORD & BILAN SOCIAL

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Paru sur le site www.cif929394.fr

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