À partir d’une situation réelle ou fictive (films réalistes, séries, entretiens, émissions), vous proposerez une analyse orale de la situation de communication choisie (travail individuel). Vous rendrez explicite ce que les paroles et les comportements suggèrent des relations entre les personnes en présence.

S’agit-il de relations

  • de pouvoir
  • de complicité,
  • d’ambivalence,
  • paradoxales,
  • paternalistes,
  • d’opposition,
  • de contrôle,
  • de coopération,
  • de manipulation ou d’influence,
  • d’authenticité,
  • de neutralité,
  • d’indifférence,
  • etc. ?

Ces relations sont-elles de nature

  • interpersonnelle,
  • professionnelle,
  • institutionnelle,
  • sociale,
  • autre ?

Dans l’exemple 3, entretien annuel de Renaud Bouthier, les relations professionnelles avec sa supérieure hiérarchique relèvent d’un rapport de pouvoir. L’examen de la gestuelle, des intonations, des paroles et de la situation professionnelle le montre. L’analyse de cet entretien fait apparaître des rapports de pouvoir cachés derrière une cordialité apparente.


RESSOURCES

Les types de relations (pdf) : Vivre en relation de Gilles Pho et Saverio Tomasella, Éditions Eyrolles 2007, Chapitre 3

Verbal et non-verbal (pdf et vidéos) : nos gestes, nos mimiques (faciales), nos attitudes, leur relation à nos paroles


ENTRAÎNEMENT
COMMENT CONSTRUIRE L’EXPOSÉ ?

En règle générale, tout commentaire de votre part devrait être illustré par une ou plusieurs illustrations, verbales ou non verbales, ensemble ou séparément selon les cas.

Si vous parlez d’un regard, vous montrer un regard ; si vous commentez un mouvement, vous montrez un mouvement ; si vous parlez d’une parole associée à un mouvement, vous montrez une parole et le mouvement correspondant.

Organisation possible d’une diapo. À gauche, les éléments à commenter (verbal et non verbal) | À droite, les mots clés de votre commentaire

+ Complètement intégré, en pastilles sonores indépendante ou en votre présence, le commentaire audio.

Une fois la dynamique de la situation déterminée, c’est-à-dire la nature des relations entre les personnes en présence (ou thème), vous prendrez en compte, s’ils sont pertinents, les points suivants pour illustrer| vérifier votre thème :

  • les relations statutaires entre les personnes (mariés, collègues, etc.) ;
  • l’espace (distance, usage des objets, emplacements, déplacements) ;
  • les discours (mots, insistances, figures de styles éventuelles, tonalité…) ;
  • les silences ; les pauses ;
  • les attitudes non verbales (codifiées ou involontaires : mimiques ou gestuelles ; habillement) ;
  • La mise en relation des différents éléments (opposition parole/gestuelle, par exemple) ;
  • d’autres éléments pertinents ;
  • Conclusion synthétique sur la situation.
EN BREF | PLAN DE BASE
6-7 minutes d’exposé, extrait compris

INTRODUCTION

1. La source choisie, avec les références précises, selon les codes universitaires – par exemple, pour une émission télévisée ou une fiction :

  • Émission Zone Interdite, « Mes parents sont homosexuels, et moi dans tout ça ? », diffusé sur FR3, à 23 heures, le 27 janvier 2013.
  • La famille Bélier, Éric Lartiguau, 105 mn, sortie le 7 novembre 2014 (France), avec Loane Emera et Karine Viard.

2. Le contexte immédiat de la situation

THÈME A

(Pour chaque thème, vous prendrez en compte, s’ils sont pertinents, les aspects suivants de la situation) :

  1. Espace, positionnement, utilisation d’objet…
  2. Mimiques (expressions du visage)
  3. Gestuelle, position
  4. Paroles, intonations, silences
  5. Etc.

> Chaque élément est illustré par des images | saisies d’écran de la situation (verbales ou non verbales, ensemble ou séparément).

THÈME B (s’il y a lieu)

  1. Espace, positionnement, utilisation d’objet…
  2. Mimiques (expressions du visage)
  3. Gestuelle, position
  4. Paroles, intonations, silences
CONCLUSION
  1. Synthèse des découvertes verbales et non-verbales
  2. Ouverture sur le contenu
ÉVALUATION DE LA PRÉSENTATION ORALE
  • L’exposé individuel durera 5 minutes (+ visionnage de l’extrait) au maximum et conduira à émettre des propositions concernant les relations apparentes et cachées, explicites et implicites, sociales et interpersonnelles que les personnes entretiennent dans la situation choisie ;
  • L’exposé oral peut être enregistré ;
  • ou présenté devant la classe ;
  • ou présenté par groupe choisi de 3 ou 4 personnes. L’évaluation se fait alors en dehors des cours, sur une plage horaire choisie en commun, avec l’enseignant.
  • L’exposé et l’évaluation collégiale, faite par les pairs et le prof, durent 15 minutes.

NB : Le film sert de prétexte. Il propose une situation transposable à la réalité. Il ne s’agit donc pas d’une analyse filmique.

Fiche d’évaluation en pdf.


Les exemples suivants ne sont pas des modèles… mais des exemples.

EXEMPLE 1 | PLAN DE L’EXPOSÉ | Travail de Myliana (2018)
INTRODUCTION

Cette scène servira d’analyse d’une situation de communication, comme si nous assistions au procès d’Alexandra, montré dans la scène.

1.    Sources
  • Scène extraite de L’emprise | Scène finale du procès : Le verdict
  • Début du passage : 1h34’38’’
  • Film français réalisé par Claude Michel Rome en 2014.
2.    Contexte

C’est l’histoire d’une jeune mère de 4 enfants, Alexandra, battue par son mari pendant 17 ans. Elle se retrouve dans le box des accusés des Assises de Douai après avoir tué son mari.

THÈME A : L’HÉBÉTUDE
1.    Les mimiques faciales
  • Visage sans réaction.
  • Trait tirées, cernes, joues creusées.
  • Regard vide, absent, tourné vers le bas :
  • Posture catatonique : posture traumatique
  • Posture recroquevillée, épaules tombantes (sentiment de culpabilité et de honte ?)
  • Le langage corporel traduit les sentiments ressentis par la jeune femme. Elle est sans vie et ne réponds pas à la vie qui l’entoure.
2.    Le paralangage
  • Voix cassée, rauque : quelque chose est coincé en elle, cassé.
  • Intensité faible, mots inintelligibles : la capacité proprement humaine du langage est inopérante. Elle est sous l’effet d’un choc.
  • Réponses confuses, évasives : elle a toutes les signes de post-traumatisme.
3.    L’espace et les relations entre les personnes
  • Dialogue muet, par l’expression des visages, entre Alexandra et son père à l’annonce de l’acquittement
  • Il sourit et l’embrasse | Alexandra ne réagit pas | Elle ne comprend pas
  • Les personnages se déplacent vers Alexandra |Ils la déplacent, la bousculent, l’interpellent et lui parlent
  • Elle a l’air terrorisé et ne dit rien. Elle subit la vie et s’est retranchée du monde social (ici un tribunal et ses interactions)
  • Elle communique avec les autres par des hochements de tête. Son autonomie est limitée.
THÈME B :  LE RETOUR À LA VIE D’UNE PERSONNE TRAUMATISÉE
1.    Situation

Le verdict rendu, les avocates disent Alexandra est acquittée | Elle  hausse les sourcils en disant « je suis libre ». Le début d’un retour à la vie commence.

2.    Mimiques
  • Les réactions d’Alexandra se multiplient.
  • Elles commencent quand son regard croise celui du procureur. Elle sourit à peine.
  • Progressivement, elle se décontracte, signe qu’elle perçoit et commence à comprendre la nouvelle situation.
  • Elle redevient attentive au bruit qui l’entoure, au monde extérieur.
  • Elle reprend possession petit à petit de son corps par des sourires esquissés. Elle s’anime, reprend vie.
  • Sa manière de regarder progressivement ce qui l’entoure signale se retour à la vie.
3.    La gestuelle
  • Elle commence à se déplacer vers les autres ≠ auparavant, c’était le contraire. Elle redevient autonome, douée d’une volonté singulière.
  • Elle retrouve sa volonté d’action, enlace ses enfants, les embrasse, se remobilise pleinement.
4.    L’espace et les relations entre les personnes
  • Elle se déplace rapidement vers sa fille quand elle croise son regard. Elle la serre contre elle. Elle est à nouveau sensible aux émotions.
  • Son visage se décontracte, l’émotion du bonheur apparait, elle sourit. Elle retrouve et libère sa capacité émotionnelle et renoue avec des liens affectifs.
  • Elle sert son amie dans ses bras. Elle n’est plus seule, perdue, marginalisée.
  • Elle pleure de joie. La vie des émotions n’est plus figée.
  • Elle regarde ses enfants dans les yeux : son regard a repris vie.
CONCLUSION

Cette scène présente de nombreux moments non-verbaux (les changements d’attitudes et d’expressions d’Alexandra). On voit qu’un visage et qu’un corps « parlent ».

Ce film nous donne une leçon de vie face à une situation de violence conjugale et apporte un semblant de réponse à la question que certains se posent souvent : pourquoi n’est-elle pas partie ?

SUPPORT EXPOSÉ 1
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EXEMPLE 2 | EXTRAIT D’UN FILM | Travail de Juliette (2017)

Douze hommes en colère, de Sidney Lumet (1957)

La scène analysée commence à la minute 14’57 mn

Je n’ai pas trouvé l’extrait en anglais, langue originale du film de Lumet.

Plan de l’analyse

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EXEMPLE 3 | SITUATION ÉCRITE | L’entretien annuel de Renaud Bouthier

Marie-José Plé est la nouvelle gérante d’une petite entreprise commerciale. Elle a décidé de réserver un moment dans l’année pour mener des entretiens annuels d’évaluation. C’est pour elle un moment privilégié de communication qui lui permet de rencontrer individuellement et personnellement chaque salarié de l’entreprise. Elle reçoit Renaud Bouthier, menuisier et salarié depuis 8 ans.

Marie-José Plé est la nouvelle gérante d’une petite entreprise commerciale. Elle a décidé de réserver un moment dans l’année pour mener des entretiens annuels d’évaluation. C’est pour elle un moment privilégié de communication qui lui permet de rencontrer individuellement et personnellement chaque salarié de l’entreprise. Elle reçoit Renaud Bouthier, menuisier et salarié depuis 8 ans.

Source pédagogique perdue (mes excuses aux auteurs, qui peuvent me contacter).

ANALYSE PARTIELLEMENT RÉDIGÉE

Contexte

Le contexte professionnel de l’entretien impose des codes hiérarchiques, appliqués différemment selon la personnalité des personnes. En apparence bienveillant, cet entretien formel perpétue un rapport de pouvoir, volontaire ou non, entre les personnes en présence. L’examen des mots, des situations et des postures fournit des éléments dans ce sens.

Attitudes & postures

D’emblée, la hiérarchie est posée. Responsable assise, subalterne debout. Invitation à s’asseoir, acceptation docile. La responsable conduit l’entretien et mobilise la parole. La confiance du subalterne semble modérée malgré les invitations réitérées de sa responsable.

Bilan 1. On observe une dissymétrie des postures et des positions dans l’espace et dans la distribution de la parole.

Dissymétrie & décalage

Cette dissymétrie signale aussi un décalage. RB et MJP ont rendez-vous. La responsable n’est pas disponible et fait attendre son subalterne debout.

Bilan 2. La responsabilité n’impose pas le manque de courtoisie. Elle l’oblige !

Écouter, entendre

Les invitations à s’asseoir, à parler (« vos souhaits »)  ou interrompre ; la formule d’introduction (« Vous allez bien ? ») ; la bonne volonté apparente (« je souhaite que vous puissiez être entendu ») rencontrent en réalité une écoute inattentive (la responsable ignore la réponse de Bouthier « un peu tendu » ; elle n’entend pas sa demande de responsabilité et lui propose son idée de déplacement ; elle semble centrée sur ses objectifs et signale involontairement son impatience (« Je vois, je vois… »).

Bilan 3. La responsable entend Bouthier sans l’écouter véritablement. Elle n’est pas avec lui ; elle se tient devant lui dans un rapport de force implicite.

Conclusion

Sous des allures feutrées, la responsable impose, consciemment ou non, un rapport de pouvoir, accepté en apparence, mais ressenti par le subalterne. La difficulté à parler de B est peut-être le signe d’une résistance passive à cette fausse écoute. L’authenticité de la relation et la valeur de l’entretien posent questions.