(Travail individuel)

À partir d’une situation réelle ou fictive (films, séries, entretiens), vous proposerez votre analyse orale de la situation de communication choisie.

CONSTRUCTION

Vous partirez d’impressions initiales (Thèmes possibles), confirmées par votre examen de la situation (cf. plus bas, le rapport de domination lors de la pause au tribunal, dans Douze hommes en colère et dans l’entretien professionnel de Renaud Bouthier) ; vous prendrez en compte les points suivants pour illustrer | vérifier ces impressions (thèmes possibles) :

  • les relations entre les personnes ;
  • l’espace (distance, objets, emplacements) ;
  • les discours (mots, insistances, figures de styles éventuelles, tonalité…) ;
  • les silences ; les pauses ;
  • les attitudes non verbales (codifiées ou involontaires : mimiques ou gestuelles ; habillement) ;
  • d’autres éléments pertinents ;
  • Conclusion synthétique sur la situation.

Vous pourrez vous aider d’un support (Powerpoint, Prezi, PDF ou dessin au tableau), s’il éclaire votre exposé.


EN BREF | PLAN DE BASE | 6-7 minutes d’exposé, extrait compris

INTRODUCTION

  1. La source choisie avec les références.
  2. Le contexte de la situation

THÈME A

  1. Espace
  2. Mimiques
  3. Gestuelle
  4. Paroles, intonations, etc.
  5. Etc.

THÈME B

  1. Espace
  2. Mimiques
  3. Gestuelle
  4. Paroles, intonations, etc.
  5. Etc.

THÈME…

  1. Espace
  2. Mimiques
  3. Gestuelle
  4. Paroles, intonations, etc.
  5. Etc.
CONCLUSION
  1. Synthèse des découvertes verbales et non-verbales
  2. Ouverture sur le contenu

PRÉSENTATION

L’exposé individuel durera 5 minutes au maximum et conduira à émettre des propositions concernant les relations apparentes et cachées, explicites et implicites, sociales et interpersonnelles que les personnes entretiennent dans la situation choisie.

L’exposé oral peut être enregistré ou présenté devant la classe  ou un groupe choisi de 4 ou 5 personnes. L’évaluation se fait alors en dehors des cours, sur une plage horaire choisie en commun, avec l’enseignant.

Le film sert de prétexte. Il propose une situation transposable à la réalité. Il ne s’agit donc pas d’une analyse filmique.

Fiche d’évaluation en pdf.


EXEMPLE 1 | PLAN DE L’EXPOSÉ ORAL DE MYLIANA (2018)
INTRODUCTION

Cette scène servira d’analyse d’une situation de communication, comme si nous assistions au procès d’Alexandra, montré dans la scène.

1.    Sources
  • Scène extraite de L’emprise | Scène finale du procès : Le verdict
  • Début du passage : 1h34’38’’
  • Film français réalisé par Claude Michel Rome en 2014.
2.    Contexte

C’est l’histoire d’une jeune mère de 4 enfants, Alexandra, battue par son mari pendant 17 ans. Elle se retrouve dans le box des accusés des Assises de Douai après avoir tué son mari.

THÈME A : L’HÉBÉTUDE
1.    Les mimiques faciales
  • Visage sans réaction.
  • Trait tirées, cernes, joues creusées.
  • Regard vide, absent, tourné vers le bas.
  • Posture catatonique
  • Posture recroquevillée, épaules tombantes (sentiment de culpabilité et de honte ?)
  • Le langage corporel traduit les sentiments ressentis par la jeune femme. Elle est sans vie et ne réponds pas à la vie qui l’entoure.
2.    Le paralangage
  • Voix cassée, rauque.
  • Intensité faible, mots inintelligibles
  • Réponses confuses, évasives
3.    L’espace et les relations entre les personnes
  • Dialogue muet, par l’expression des visages, entre Alexandra et son père à l’annonce de l’acquittement
  • Il sourit et l’embrasse | Alexandra ne réagit pas | Elle ne comprend pas
  • Les personnages se déplacent vers Alexandra |Ils la déplacent, la bousculent, l’interpellent et lui parlent
  • Elle a l’air terrorisé et ne dit rien.
  • Elle communique avec les autres par des hochements de tête.
THÈME B :  LE RETOUR À LA VIE D’UNE PERSONNE TRAUMATISÉE
1.    Situation

Le verdict rendu, les avocates disent Alexandra est acquittée | Elle  hausse les sourcils en disant « je suis libre ». Le début deu retour à la vie commence.

2.    Mimiques
  • Les réactions d’Alexandra se multiplient.
  • Elles commencent quand son regard croise celui du procureur. Elle sourit à peine.
  • Progressivement, on voit qu’elle commence à comprendre, elle se décontracte.
  • Elle redevient attentive au bruit qui l’entoure, au monde extérieur.
  • Elle reprend possession petit à petit de son corps par des sourires esquissés.
  • On remarque sa façon de bouger et de regarder ce qui l’entoure.
3.    La gestuelle
  • Elle commence à se déplacer vers les autres ≠ auparavant c’est le contraire
  • Elle commence à agir : elle retrouve sa volonté d’action. Elle enlace ses enfants et les embrasse.
4.    L’espace et les relations entre les personnes
  • Elle se déplace rapidement vers sa fille quand elle croise son regard. Elle la serre contre elle.
  • Son visage se décontracte, l’émotion du bonheur apparait, elle sourit.
  • Elle sert son amie dans ses bras.
  • Elle pleure de joie. La vie des émotions n’est plus figée.
  • Elle regarde ses enfants dans les yeux : son regard a repris vie.
CONCLUSION

Cette scène présente de nombreux moments non-verbaux (les changements d’attitudes et d’expressions d’Alexandra). On voit qu’un visage et qu’un corps « parlent ».

Ce film nous donne une leçon de vie face à une situation de violence conjugale et apporte un semblant de réponse à la question que certains se posent souvent : pourquoi n’est-elle pas partie ?

EXEMPLE 2 | EXTRAIT D’UN FILM | travail de Juliette (2017)

Douze hommes en colère, de Sidney Lumet (1957)

La scène analysée commence à la minute 14’57 mn

Je n’ai pas trouvé l’extrait en anglais, langue originale du film de Lumet.

Plan de l’analyse

EXEMPLE 3 | SITUATION ÉCRITE | L’entretien annuel de Renaud Bouthier

Marie-José Plé est la nouvelle gérante d’une petite entreprise commerciale. Elle a décidé de réserver un moment dans l’année pour mener des entretiens annuels d’évaluation. C’est pour elle un moment privilégié de communication qui lui permet de rencontrer individuellement et personnellement chaque salarié de l’entreprise. Elle reçoit Renaud Bouthier, menuisier et salarié depuis 8 ans.

Source pédagogique perdue (mes excuses aux auteurs, qui peuvent me contacter).

ANALYSE PARTIELLEMENT RÉDIGÉE

Contexte

Le contexte professionnel de l’entretien impose des codes hiérarchiques, appliqués différemment selon la personnalité des personnes. En apparence bienveillant, cet entretien formel perpétue un rapport de pouvoir, volontaire ou non, entre les personnes en présence. L’examen des mots, des situations et des postures fournit des éléments dans ce sens.

Attitudes & postures

D’emblée, la hiérarchie est posée. Responsable assise, subalterne debout. Invitation à s’asseoir, acceptation docile. La responsable conduit l’entretien et mobilise la parole. La confiance du subalterne semble modérée malgré les invitations réitérées de sa responsable.

Bilan 1. On observe une dissymétrie des postures et des positions dans l’espace et dans la distribution de la parole.

Dissymétrie & décalage

Cette dissymétrie signale aussi un décalage. RB et MJP ont rendez-vous. La responsable n’est pas disponible et fait attendre son subalterne debout.

Bilan 2. La responsabilité n’impose pas le manque de courtoisie. Elle l’oblige !

Écouter, entendre

Les invitations à s’asseoir, à parler (« vos souhaits »)  ou interrompre ; la formule d’introduction (« Vous allez bien ? ») ; la bonne volonté apparente (« je souhaite que vous puissiez être entendu ») rencontrent en réalité une écoute inattentive (la responsable ignore la réponse de Bouthier « un peu tendu » ; elle n’entend pas sa demande de responsabilité et lui propose son idée de déplacement ; elle semble centrée sur ses objectifs et signale involontairement son impatience (« Je vois, je vois… »).

Bilan 3. La responsable entend Bouthier sans l’écouter véritablement. Elle n’est pas avec lui ; elle se tient devant lui dans un rapport de force implicite.

Conclusion

Sous des allures feutrées, la responsable impose, consciemment ou non, un rapport de pouvoir, accepté en apparence, mais ressenti par le subalterne. La difficulté à parler de B est peut-être le signe d’une résistance passive à cette fausse écoute. L’authenticité de la relation et la valeur de l’entretien posent questions.