FONCTIONNEMENT

Le TD de communication du S4 vise à développer les qualités orales de communication, de réflexion et de positionnement des étudiant.es sans les limiter à des exposés ex-cathedra  devant une série de slides inutiles et un auditoire vite distrait.

  • La présence des étudiant.e.s est obligatoire, la construction des relations et des échanges dans le groupe se faisant avec tous les participant.es.  L’évaluation est par ailleurs impossible sans assiduité ou partielle sans continuité.
  • Les thématiques proposées peuvent être amendées à l’avance (une semaine) et d’autres devront être proposées par le groupe classe. Cette page est donc en construction (02 janvier 2023)
  • Chaque TD se divise en trois parties : une ressource thématique de départ ; des échanges collectifs ; un moment de synthèse/bilan écrit + une fiche d’évaluation individuelle du TD.

CONTENU

 À partir de thématiques organisationnelles, politiques, culturelles et sociales nous interrogerons les points suivants. Chacun.e pourra par ailleurs interroger sa manière de participer au groupe.

  • Comment se déroulent les différents échanges dans le groupe de TD ?
  • Comment abordons-nous les thèmes proposés ?
  • Comment circule la parole entre les personnes ?
  • Comment chaque personne participe-t-elle aux échanges ? Que se passe-t-il pour elle ?
  • L’art d’écouter : de l’interprétation subjective au reflet d’une parole singulière.

THÈMES

1. Et Demain ?

Comment voyez-vous le monde de demain ? Le vôtre ? Le nôtre ?

Cette question porte à la fois sur la dimension écologique, au sens large de l’organisation des équilibres du vivant (GIEC 2022), et sur vos aspirations personnelles.

Quels exemples de vie écologique existent déjà ?

Cyril Dion et Mélanie Laurent, Demain (2014)

Que veulent les jeunes Européen.nes ?

ARTE  | Qu’est-ce qui préoccupe les jeunes ?

Journaliste : Mathilde Schnee | France, Allemagne (2022)

RESSOURCES COMPLÉMENTAIRES – # 1

« Perturber un événement sportif pourrait être durement réprimé »

Hortense Chauvin | Reporterre | 2 janvier 2023

« Pistes de ski et lac artificiel : l’Arabie saoudite organisera des Jeux asiatiques d’hiver »

 

 

2. Discriminations

De quoi s’agit-il ? Que dit la loi ? Avez-vous été l’objet de discriminations ? Avez-vous été témoins de discriminations ?

SOURCE.  Plateforme anti-discrimination | https://www.antidiscriminations.fr

  1. Vous êtes-vous déjà senti objet de discrimination ? Victime ?
  2. Quelles ont été vos pensées ? émotions ? Actions ?
  3. Quelles sont les raisons/ressorts de la discrimination ?
  4. D’une manière plus générale, avez l’impression de vivre dans une société discriminatoire ? Sur quoi se fondent vos impressions ? votre savoir ?

3. Violé.es : Une histoire de domination

À la demande des étudiant.es, la présence à cette séance de TD est facultative | au choix des personnes. Ceux et celles qui n’y assistent pas, prennent le temps de répondre par écrit, dans une autre salle, à la question suivante :

Qu’est-ce qui freine ou facilite ma prise de parole et mon écoute dans le groupe classe ? Éventuellement : pourquoi ai-je préféré me retirer de cette séance ?  

À partager sur le drive via icare@univ-lemans.fr ou à me remettre à la fin du T

LSD | France Culture | 7 décembre 2020

Témoignage de MATHILDE FORGET, Auteure, compositrice, interprète.

Première séquence (0-17 mn) : En venir aux mots.

Deuxième séquence : (27’34 » – 52 mn ) : S’en sortir seules par la colère ?

Musique de fin : « Baisers volés » d’Oxytocine (Julia Maura)

Virginie Despentes, King Kong théorie

Celles à qui ça arrive, du point de vue des agresseurs, d’une manière ou d’une autre ils s’arrangent pour le croire, tant qu’elles s’en sortent vivantes, c’est que ça ne leur déplaisait pas tant que ça. C’est la seule explication que j’ai trouvée : dès la publication de Baise-moi, je rencontre des femmes qui viennent me raconter « j’ai été violée, à tel âge, dans telles circonstances ». Ça se répétait au point d’en être dérangeant, et dans un premier temps, je me suis même demandé si elles mentaient. C’est dans notre culture, dès la Bible et l’histoire de Joseph en Égypte, la parole de la femme qui accuse l’homme de viol est d’abord une parole qu’on met en doute. Puis j’ai fini par admettre : ça arrive tout le temps. Voilà un acte fédérateur, qui connecte toutes les classes, sociales, d’âges, de  beauté et même de caractère. Alors, comment expliquer qu’on n’entend presque jamais la partie adverse : « J’ai violé Unetelle, tel jour, dans telles circonstances » ? Parce que les hommes continuent de faire ce que les femmes ont appris à faire pendant des siècles : appeler ça autrement, broder, s’arranger, surtout ne pas utiliser le mot pour décrire ce qu’ils ont fait. Ils ont « un peu forcé » une fille, ils ont « un peu déconné », elle était « trop bourrée » ou bien c’était une nymphomane qui faisait semblant de ne pas vouloir : mais si ça a pu se faire, c’est qu’au fond elle était consentante. Qu’il y ait besoin de la frapper, de la menacer, de s’y prendre à plusieurs pour la contraindre et qu’elle chiale avant pendant et après n’y change rien : dans la plupart des cas, le violeur s’arrange avec sa conscience, il n’y a pas eu de viol, juste une salope qui ne s’assume pas et qu’il a suffi de savoir convaincre.

(…)

C’est étonnant qu’en 2006, alors que tant de monde se promène avec de minuscules ordinateurs cellulaires en poche, appareils photo, téléphones, répertoires, musique, il n’existe pas le moindre objet qu’on puisse se glisser dans la chatte quand on sort faire un tour dehors, et qui déchiquetterait la queue du premier connard qui s’y glisse. Peut-être que rendre le sexe féminin inaccessible par la force n’est pas souhaitable. Il faut que ça reste ouvert, et craintif, une femme. Sinon, qu’est-ce qui définirait la masculinité ?

(King Kong théorie, Le livre de poche, pp. 35 et  48).

 

Julie Abbou, Tenir sa langue

Agir sur le langage pour agir sur le monde. Voilà le programme des mouvements sociaux qui s’engagent dans la lutte des significations. Le féminisme a de longue date pris à bras-le-corps cette question de la langue, et pour cause : le langue est un lieu de notre catégorisation du monde. Il s’agit de contester la mainmise du masculin sur l’humanité. Il s’agit de pouvoir s’énoncer, de participer au sens du monde à part pleine et entière. C’est dans cette urgence politique et sémantique à pouvoir exister en tant que sujet humain, et à donner un autre sens à l’humanité, que les féministes se sont mises à bousculer la grammaire.

Pour saisir toute la force et tous les enjeux d’un tel geste, il faut d’abord débusquer la puissance du genre grammatical et son histoire politique : on se balade au milieu des grammairiens et de leurs règles pour s’apercevoir qu’en matière de langue rien ne va de soi et que ça peut même venir de quelque part ; que le masculin l’emporte sur le féminin, cela ne s’est pas fait par hasard.

(…)

L’arnaque se reproduit régulièrement. Parmi les coups les plus connus, on cite souvent celui de Vaugelas, qui écrit en 1647 que « le masculin est le genre le plus noble », mais il n’est pas seul à défendre cette idée : l’abbé Bouhours ajoute en 1675 que « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte ». Nicolas Beauzée abonde un siècle plus tard, au cas où l’on n’aurait pas bien compris : « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle ».

(…)

Plus proche de nous dans le temps, mais proche de Protogoras dans l’esprit, des grammairiens des années 1930 développent l’idée que des mots féminins exprimeraient la substance féminine de ce qu’ils désignent : « La mer est d’aspect changeant comme une femme, journalière, d’humeur mobile comme une jolie capricieuse, attirante et dangereuse comme une beauté perfide.» [in, Jean Damourette et Édouard Pichon, Essai de grammaire de la langue française, Éditions d’Artrey, 1930]

(…)

Le 23 mars 2021 est déposé une autre proposition de loi, plus dure puisqu’elle vise « à interdire et à pénaliser l’usage de l’écriture inclusive dans les administrations publiques et les organismes en charge d’un service public ou bénéficiant de subventions publiques. » La menace de pénalisation concerne particulièrement les enseignant.es du primaire, du secondaire et du supérieur. Et par « écriture inclusive » sont visées « les pratiques rédactionnelles et typographiques visant à substituer à l’emploi du masculin, lorsqu’il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l’existence d’une forme féminine ». Oui, vous avez bien lu : le problème serait de faire ressortir l’existence d’une forme féminine en lieu et place du masculin générique. Le problème serait que le générique ne soit pas uniquement et systématiquement masculin.

(…)

Il faut assumer le fait que cette discussion est politique avant d’être technique. Il y a urgence politique à pouvoir prendre la parole, à pouvoir s’énoncer en tant que sujet à part entière et à sortir de l’ordre du genre qui nous assigne des champs des possibles distincts, selon qu’on soit homme ou pas.

Julie ABBOU, Tenir sa langue, Les Pérégrines, Collection Genres !, 2022, p. 9 ; 24-25 ; 67 ; 78

4. Que veut dire travailler ?

Comment définissez-vous le travail ? Qu’est-ce qu’un travail pour vous ? Quels en sont les éléments ?

Troubles dans le travail, Marie-Anne Dujarier, sociologue

France culture « Les pieds sur terre » par Sonia Kronlund et Delphine Saltel | 0-19′

BLOG DE YANN GAUDIN

  • Que vous inspire le témoignage de Yann Gaudin ?
  • Quelles situations paradoxales avez-vous rencontrées dans vos expériences personnelles ou celles de vos proches ?
  • Quel.le RRH aimeriez-vous être ? Comment ?

 Lise GAIGNARD, Chroniques du travail aliéné, éditions d'Une, 2015

J’ai rencontré des travailleurs dans des états mentaux catastrophiques. Ils ont tous pu sortir de la position de victime de la cruauté « du système » ou de leurs collègues pour entrer dans un questionnement sur les modalités de leur engagement à servir les uns et les autres : les usagers, ou les statistiques ? On fait marcher l’hôpital, ou soigner les malades ? (…) Se demander pour qui on roule est une question fondamentale, qu’il faut apprendre à se poser tous les matins en se réveillant, comme Oury dit qu’il faut se demander « Qu’est-ce que je fous là ? » – le plus souvent possible.

(…)

Le changement dans le monde du travail le plus frappant à mes yeux depuis trente ans en France, ce n’est pas la transformation – pourtant importante – des modes de management, ni les catastrophiques techniques d’évaluation pipées, ni la mondialisation. Pour moi, la différence majeure, c’est qu’en France, quand on est victime d’une injustice épouvantable au travail… on demande à aller chez le psy ! »

Chroniques du travail aliéné, éditions d’Une, 2015, p. 20 et 174.

Liens complémentaires

5. Groupe d’analyse de la pratique professionnelle

Analyse d’une situation vécue par les participants : Ce dispositif est proposé pour aider un.e collègue à clarifier ou mieux aborder une situation professionnelle qui lui pose problème ou met la personne en difficulté. Il permet d’expérimenter l’écoute : l’empathie, la congruence et l’acceptation (quelques précisions sur ces attitudes ICI).

(En filigrane à la séance 4 : Assertivité, conflits, conflictualités, retrait ou types de positionnement personnel)

  1. Questionnaire sur le positionnement des personnes présentes
  2. Mise en commun | Minorité/majorité | Conformité | Soumission à l’autorité | Rébellion | Autonomie du positionnement
  3. Quelques situations personnelles ou fictives
  4. L’art d’écouter : de l’interprétation subjective au reflet d’une parole singulière

ÉVALUATION

Les deux dernières séances

Rédaction d’un bilan individuel à partir de la trame suivante [lien à venir]

L’Évaluation porte sur l’assiduité (pas sur la participation en classe), l’engagement dans la rédaction du bilan individuel, votre regard subjectif.

Proposition d’une note à discuter avec l’enseignant, éventuellement les pairs.

BILAN

  • Bilan individuel (enregistré ou non) en groupe de 3 ou 4
  • Bilan / évaluation  du TD